Xela – Antigua 5 avril
Que les choses soient claires: je n’ai toujours pas commencé à travailler, je suis toujours en vacances et j’en profite un max :) Alors, que s’est-il passé ces derniers jours?
Le dimanche, après un brève discussion avec Kurt et Pedro, je me suis rendu à Xela. Je l’avais déjà raconté, donc passons.
Le lundi, j’ai fait le tour des sites dans lesquels Helvetas est actif avec Pedro. On a commencé par faire un tour à la maison communale de Olintepeque, dans laquelle Helvetas – ProBosques a ses bureaux. ProBosques, c’est le nom du projet dans lequel je vais travailler. Les bureaux sont sympas, la maison communale est grande et jolie, et abrite également le bureau du service forestier. Je vais travailler dans un bureau avec Pedro (coordinateur) et Martha (assistante technique), les deux employés de Helvetas. Dans un autre bureau travaille Micu (abréviation de Ixmucané Ixquiac), la secrétaire. Le team est vraiment cool, l’ambiance est excellente et avec Pedro, je suis très bien entouré. On s’est ensuite rendu à San Carlos Sija, petit village dans lequel je vais également travailler. Enfin, je ne sais pas encore exactement si j’y passerai beaucoup de temps, vu que mon bureau est à Olintepeque, mais en tout cas je m’en occuperai. Il y a 3 personnes qui travaillent pour le service forestier de San Carlos Sija. Finalement, nous (Pedro, Micu, sa fille et moi) nous sommes rendu à Palestina de los Altos, le dernier village avec lequel je travaillerai. Nous y avons rencontré le chef du service forestier, un monsieur très sympa et qui a l’air très bien organisé. Finalement nous sommes rentré à Xela vers 15h, non sans avoir pris en copieux repas en route. Comme j’avais l’après-midi libre, j’en ai profité pour visiter Xela. Personne ne sait exactement combien d’habitants il y a dans cette ville. Les chiffres fluctuent entre 120’000 (selon mon guide) et 600’000 (selon le prospectus touristique de Xela)... Toujours est-il que cette ville ressemble à un gros village, très très très étendu. Il n’y a pas d’édifices très élevés, sans doute à cause du risque de tremblement de terre. Pour résumer, on a pas l’impression de se trouver dans une grande ville, mais plutôt dans un gros village, et c’est agréable.
Le mardi, la journée a commencé très tôt: à 1h du mat’, départ pour le volcan Santa Maria, ascencion nocturne sous la pleine lune! Magnifique et magique. Je suis tombé un peu par hasard sur le guide qui a organisé ça. A Xela, les guides qui proposent l’escalade des nombreux volcans de la régions ou d’autres promenades pullulent. Celui avec qui je suis allé, avec une demi-douzaine d’autres touristes (japonais, suédoises, autrichienne), est bien sympa. Quand il a appris que j’allais rester une année dans la région, il m’a proposé de devenir son assistant. C’est-à-dire qu’il va me montrer toutes les excursions de la région à prix réduit, et ensuite je suis censé y aller avec des clients si lui est trop occupé. Bon, je suis bien d’accord d’aller escalader tous les volcans du Guatemala avec lui, mais je pense pas avoir le temps de jouer moi-même au guide... mais bon, c’est l’intention qui compte. Peut-être que je lui donnerai un coup de main de temps en temps. Mais revenons à l’escalade du volcan. Le Santa Maria se trouve à environ 20’ de Xela en voiture, culmine à 3772 m (Xela: 2200 m) et n’est pas actif. L’ascension est relativement directe, sur un sentier extrêmement bien marqué. Il faut dire que de nombreuses personnes effectuent chaque jour l’ascension. A un rythme pépère (il fallait attendre l’autrichienne et les suèdoises), nous avons mis 4h pour arriver au sommet. Et au sommet, quelle vue!! Tout simplement magnifique, avec la pleine lune juste au-dessus du nuage de fumée du Santiaguito, volcan actif situé en contrebas du Santa Maria. Et quelle sérénité! Puis on a pu assister de manière privilégiée à un magnifique lever de soleil, et on a commencé à voir les autres volcans, en particulier ceux entourant le lac Atitlan, site emblématique du Guatemala que je connaîtrai bientôt. Ce qui est aussi très impressionant, c’est l’ombre du Santa Maria, pyramide parfaite qui s’étend sur les terres vers le sud. Le sommet de ce volcan est un site de culte maya. Juste en-dessous du sommet, il y a avait un sorte de cabane faite de tôle et de plastique dans laquelle une vingtaine de mayas dormaient. Au réveil, l’un d’eux m’a dit qu’ils ont passé 3 jours là-haut sans manger, selon l’un de leurs rites. Ils ont ensuite commencer à prier, mélangeant allègrement croyances mayas et religion chrétienne, ce qui donne un effet assez spécial. Je reviendrai un autre jour sur les mayas et leurs croyances. Finalement, après avoir bu un café chaud, qui a bien passé vu le froid au sommet, on est redescendu. Comme il faisait jour, on a pu admirer la végétation des flancs de ce volcan. Il y avait des pins au sommet, et plus bas une forêt mixte plus touffue. J’apprendrai bientôt à reconnaître les arbres locaux.
On pourrait penser que, une fois de retour à Xela, je suis aller me coucher directement, mais non, je n’étais même pas fatigué. D’ailleurs j’avais rendez-vous avec la proprio d’une chambre à Olintepeque, pour voir si je pourrais y habiter. Et en effet, je peux, et c’est là que je vais emménager demain, et j’ai beaucoup de chance pour plusieurs raisons: 1) j’ai trouvé rapidement, grâce à Pedro, un lieu où me loger meilleur marché que l’hôtel. 2) j’habite dans le même village où je travaille. 3) les proprios sont super sympas: Shirley (c’est le nom de la propriétaire) m’a acheté le mobilier nécessaire (lit, armoire, table et chaise, on verra demain à quoi ça ressemble, vu que pour l’instant j’ai seulement vu la pièce vide) et je vais le payer via le loyer, qui est de 750 Q (Q = Quetzal), soit environ 120 CHF. En plus, si je veux manger avec eux, elle me prépare n’importe quel repas pour la modique somme de 10 Q. Elle me lave aussi le linge si je le désire. Bref, c’est parfait. En plus, elle a 1 fils et 2 filles adorables, ils doivent avoir 12, 10 et 2 ans, je ne leur ai pas demandé. Donc voilà une bonne chose, parce que l’hôtel ça va un moment. En plus, la pension dans laquelle je me trouve à présent n’est pas bon marché pour rien: une fois, il y a eu une coupure de courant qui a duré environ 45 minutes, le lendemain, alors que des trombes d’eau tombaient au-dehors, j’ai constaté non sans angoisse que l’eau rentrait dans ma chambre à travers la fenêtre fendue... j’ai dû sortir en catastrophe et trouver une autre chambre... Bref, voilà tout ce qu’on peut dire du mardi.
Le mercredi, j’ai pris le bus vers 9h direction Antigua Guatemala, l’ancienne capitale du pays, détruite à plusieurs reprises par des tremblements de terre. Pour cette raison, l’actuelle capitale, Guatemala Ciudad, se trouve un peu plus loin. Antigua est réputée pour être la plus belle ville du Guatemala, grâce à son architecture coloniale. J’y avais rendez-vous avec Rapha, un autre stagiaire suisse qui travaille avec Helvetas, mais à San Pedro, plus à l’ouest. Pour se rendre d’un point à l’autre du Guatemala, le mieux (et meilleur marché) est de prendre le bus. Il y a deux sortes de bus: 1ère et 2ème classe. J’avais l’intention de prendre un bus de 1ère classe, mais ils étaient déjà parti et j’avais pas envie d’attendre 2h pour prendre le suivant, alors je me suis rendu au bord de la route où passent les bus de 2ème classe. Pour savoir quel bus prendre, facile: c’est écrit au-sommet, et l’ayudante (l’aide) crie la destination aux endroits où les gens attendent le bus. Dans mon cas, l’ayudante crie tout le temps “Guate Guate Guate Guate”. Je dois prendre le bus qui va à Guatemala Ciudad, mais sortir un peu avant, à Chimaltenango et de là, prendre un bus pour Antigua. Je suis donc monter dans mon bus 2ème classe en pensant devoir faire 3h de bus debout mais, bonne surprise, le bus était presque vide. Le trajet s’est donc bien déroulé, j’ai joué à prendre des photos de 3 enfants qui étaient dans le bus, et ils étaient tout contents. Je suis arrivé à Antigua vers 13h, et une femme qui était dans le bus m’a spontanément proposé de me faire visiter un peu la ville. J’ai accepté et on s’est d’abord rendu au Cerro de la Cruz, histoire d’avoir une vue générale de Antigua, ville située au pied du volcan Agua, qui malheureusement était recouvert de nuages. Au Guatemala, pour voir des volcans sans nuages, il faut en général se lever tôt. Vers 10h, le sommet commence généralement à se boucher...Ensuite, on est redescendu en ville à la recherche d’un hôtel bon marché pour moi et Rapha, qui n’était pas encore arrivé. Il est difficile de trouver un hôtel libre à Antigua lors de Semana Santa, vu que les célébrations qui s’y déroulent sont les plus célèbres du Guatemala. Cependant, les touristes viennent surtout le jeudi, et donc vu qu’on ne restait qu’une nuit il y a avait encore des chambres libres et bon marché. Rapha est arrivé vers 17h, on est allé se balader un peu, manger puis, à 22h, dodo.
Jeudi, réveil à 7h, le temps était magnifique. Avant d’aller déjeûner, on a vite pris des photos du volcan Agua, pas complètement dégagé mais au moins on voyait le sommet. A 8h on est allé déjeûner et vers 8h45, quand on est sorti, le sommet du volcan était déjà bouché... Les célébrations de Semana Santa commencent le Jeudi saint, jour de la condamnation de Jésus. De jeudi à dimanche, deux ou trois processions par jour quittent une des nombreuses églises de Antigua et font un tour dans toute la ville avant de revenir à l’église. Une procession dure entre 6 et 8h. Elle se déroule ainsi: d’abord viennent des figurants qui jouent ce qui s’est passé le jour en question. Le jeudi, j’ai donc pu assister à la condamnation de Jésus, avec Pilate, les rabbins et l’autre condamné en même temps que Jésus, mais qui a été gracié. Ensuite viennent deux sortes de chars, portés par des fidèles. Le premier représente Jésus portant ou non la croix selon la procession, le deuxième est celui de la vierge. Avant le passage de la procession, les habitants de Antigua créent à même le sol les célèbres alfombras, des dessins faits de sciure, aiguilles de pins et autres matériels. Ces éphémères mais magnifiques dessins disparaissent au passage de la procession. Ensuite, vers 16h, on a pris le bus pour rentrer à Xela. A Chimaltenango, on a dû attendre assez longtemps pour enfin voir apparaître un bus 1ère classe. Normalement, dans un bus 1ère classe, tout le monde est assis. Ah oui, j’ai oublié de dire. Dans les bus 2ème classes les sièges ressemblent à des banquettes mais ne sont pas incomfortables. Par contre, il faut se serrer à 3 par banquettes, c’est ce qui m’est arrivé entre Chimaltenango et Antigua, heureusement que ça n’a duré que 30’. Le bus 1ère classe a de vrais sièges comfortables, mais ils étaient tous occupés, donc on a fait une partie du voyage debout, une partie seulement, heureusement...
Voilà, c’est tout pour le moment. Je suis assez fatigué, alors la suite au prochain épisode! Bye. Tchüss zämi!